La Dispersée

Pourquoi choisir ?

Le maquillage et moi : 15 ans de hauts et de bas

Petite, j’ai souvent arpenté les rayons maquillage avec ma mère, sans rien y comprendre. Je croisais tous les jours, les rouges à lèvres de ma mère dans le frigo, je fouillais dans sa trousse et j’essayais le mascara et les fards… avant de tout effacer !

Ma mère était une jeune femme extrêmement coquette quand j’étais petite. Une vraie fashion victime ! Depuis ses vingt ans, elle usait quotidiennement du rouge, de l’œil de chat et de la poudre, avec la ferme intention de cacher ses (désormais si à la mode) taches de rousseur. Taches de rousseur dont j’ai d’ailleurs hérité !

Non, ce n’est pas moi (mais elle est mignonne)

Un geste de séduction

Pour autant, j’ai attendu bien après l’adolescence pour passer le pas du maquillage. Eternelle petite fille, terriblement timide, je savais inconsciemment que ce geste signifiait l’entrée pour moi dans un monde nouveau, celui de la séduction. Un monde qui me faisait peur, tout comme à mes parents. Quelque part, je les protégeais au même titre que moi-même. Je n’osais tout simplement pas devenir la femme que j’étais.

C’est en commençant à travailler, à devenir indépendante de mes parents, à choisir mes vêtements et mon apparence loin de leur regard et de leur jugement, que l’envie de maquillage m’a réellement prise. Chez mes parents, nous recevions depuis longtemps à la maison les petits catalogues noirs et blancs du Club des Créateurs de Beauté. Ils avaient bercé mon enfance. Ma mère remplissait, comme moi des années plus tard, des bons de commande qu’elles n’envoyait jamais, juste pour le plaisir de rêver.

Premiers monobulles

Lorsque j’ai commencé à me maquiller, c’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers le Club, qui m’était si familier. J’aimais son approche ludique et pédagogique, loin de la froideur du supermarché. Avant les tutos Youtube, c’est entre amies, en famille qu’on apprenait à se maquiller. Peut-être dans les magazines féminins, que je détestais ? Si on ne savait pas faire, et qu’on avait personne sous la main, eh bien… tant pis.

CCB, c’était de belles photos, des adjectifs gourmands, des packagings soignés, des catalogues très réguliers, des promos permanentes et beaucoup de cadeaux à chaque commande. Un univers chaleureux, glamour tout en restant accessible et peu cher. Un vrai club, en effet.

Je crois bien que c’est à ce moment-là que j’ai définitivement associé maquillage et fun !

TOu

Toute une époque (que je me sens vieille à dire ça 🙂 )

Hélas, pour CCB Paris, qui n’avait pas bien géré le virage Internet et le rajeunissement de ses clientes potentielles, l’aventure se termina en 2014. Qui sait, peut-être la marque fera-t-elle un comeback un jour ? Le monde a certes, bien changé, mais la nostalgie, elle, est toujours là.

Je suis restée proche de CCB Paris pendant un long moment, tout en découvrant Sephora qui venait d’ouvrir dans ma ville. Son offre était déjà immense et surtout, j’ai découvert la possibilité de tester les produits en magasin. Le monde de la beauté se démocratisait, s’étoffait, mais un événement allait bientôt faire exploser le marché et l’attrait de ces produits…

Les Youtubeuses beauté

Comment suis-je arrivée à ces vidéos ? Je ne m’en souviens même pas. Toujours est-il que je me suis prise de passion pour Mylène (Beyoutiful – chaîne inactive aujourd’hui), ElsaMakeup (toujours active sur Youtube), Coline (Et pourquoi pas Coline) et évidemment, elles m’ont appris de nouveaux gestes, de nouveaux produits et donné envie d’autres marques. Avec le succès de ce type de chaînes, est venue la hype, le produit dont tout le monde parle et que tout le monde veut… avant de l’oublier. Moi aussi, je me suis laissée charmer, influencer. C’est ainsi que j’ai acheté ma première palette « à la mode » (la Chocolate Bar de Too Faced, que j’ai énormément utilisée), suivie de bien d’autres par la suite (que j’ai beaucoup moins utilisées). Je ne connaissais pas auparavant le quart de ces marques : Urban Decay, Tarte, Too Faced, Anastasia… C’est à ce moment que ma trousse de maquillage est devenue tiroir, puis coiffeuse complète.

Elles ont bercé mes soirées dans les années 2010.

Toute une palette d’expériences

Au-delà de l’influence des Youtubeuses, et des marques qu’elles m’ont fait découvrir, j’ai découvert d’autres qualités : des rouges aux pigments d’une richesse incroyable, des fards si soyeux qu’ils glissent comme du beurre et scintillent de mille feux. Plus de que de la couleur sur la peau, se maquiller déclenche toute une palette d’expériences visuelles, tactiles et même olfactives. La marque Too Faced justement a rencontré énormément de succès avec ses produits qui sentent le chocolat, le pain d’épices ou encore la pêche. Mon côté sociologue de comptoir aurait tendance à penser que dans un monde où tout se dématérialise, le plaisir simple des cinq sens prend soudainement de la valeur…

Retour à soi

Je suis passée par une phase de « no-makeup », encouragée par un conjoint chimiste, pour le moins sceptique sur les compositions et sur l’intérêt que présentent de tels produits. Le Covid-19 et ses masques est aussi passé par-là, et se retrouver toute la journée avec un masque orange et maculé de rouge n’a rien de bien sexy. Et peut-être aussi qu’il y a eu une surenchère de tendances, de nouvelles marques, de produits, de sorties et que j’ai un peu saturé à ce moment-là.

Et puis, peu à peu, j’y suis revenue, avec une approche plus sélective. J’ai testé des marques bio, naturelles, avec plus ou moins de bonheur (idée d’article !) mais j’ai aussi renoué avec mes palettes et mes rouges. Au fil du temps, mon goût s’est affiné : auparavant, je suivais quasi-religieusement l’avis de mes influenceuses préférées, inconsciente du fait qu’elles étaient très différentes de moi et que ce qui était beau sur elles ne l’étaient pas toujours sur moi. Aujourd’hui, j’ai pris conscience de ce qui correspondait, ou pas, à ma carnation ; des textures qui me faisaient plaisir, des teintes qui me flattaient le mieux, des formes de mon visage et comment les mettre en valeur. J’ai mes marques chouchoutes, souvent des valeurs sûres.

Le maquillage n’a rien d’universel et c’est cela le plus beau. Je le vois plutôt comme une infinité de recettes parmi lesquelles on choisit celles qui nous plaisent. On les suit, on s’en inspire, on les réinvente.

La vidéo « The Power of Makeup » est l’une des plus vues du Youtube Beauté avec 14 millions de vues à ce jour.

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